Tout d'abord veuillez m'excuser pour cette longue absence de nouvelles. J'ai travaillé en cours de route et j'ai privilégié le travail et le fait d'avancer dans mon voyage sur la publication de mon premier article.

Je suis parti le lundi 8 juin. Mon départ ayant été retardé de plus d'un mois, je dois beaucoup prendre le train pour rattraper ce retard. En effet, mon arrivée en asie centrale ne peut être repoussée car l'hiver arrive vite dans les régions montagneuses et certains cols ferment tôt.

Je prends le train pour Strasbourg, Karlsruhe, Pragues, Varsovie et le bus pour Vilnius. Je visite rapidement ces villes. Je fais peu de kilomètres à vélo, mais les journées sont assez fatigantes : les changements de trains sont nombreux. Les villes sont mal desservies et tous les trains n'acceptent pas les vélos. Dans les gares, souvent pas d'automates et peu d'agents qui parlent Anglais. A Pragues, ce qu'on me propose pour aller à Varsovie est de passer par Berlin! Je décide alors de prendre un petit train vers la frontière polonaise et de rejoindre à vélo la première gare polonaise. (Ma première nuit de camping sauvage du voyage) Dans cette gare, le calcul d'itinéraire n'était pas informatisé. On me refuse tout achat autre que vers la prochaine grande ville, ce qui me fait rater la correspondance vers Varsovie.

Je suis arrivé soulagé à Riga : je vais enfin pouvoir vraiment voyager à vélo.

Je visite Riga et prends la route vers Thalinn. Je suis un peu étonné par le peu de dialogue qu'il y a dans les pays baltes. Les salutations sont rares et les dialogues sont réduits au minimum. C'est le cas avec moi, mais je remarque que c'est également le cas entre eux.

Le niveau de vie dans les pays baltes est élevé, surtout en Lettonie et Estonie. A en juger par les voitures, il paraît nettement supérieur à celui de la France, mais il y a aussi beaucoup de vieux immeubles, de quartiers délabrés. Je vois aussi des personnes, la plupart du temps assez âgées vendre du muguet, mendier à la sortie des églises ou faire les poubelles pour récupérer les bouteilles ou canettes consignées.

La conduite dans les pays baltes est assez spéciale :les règles sont globalement respectées sauf les distances de sécurité et ce n'est pas étonnant que le seul accident que j'ai vu, était un carambolage. On me double souvent rapidement en me laissant peu d'espace, même les camions et bus qui provoquent de violents courants d'air.

J'ai repris un mode de vie itinérant, avec de nombreux campings sauvages. De Thalinn je roule vers l'est à Narva à la frontière russe. Le château de Narva Herman et la forteresse de Ivangorod sont en face des deux côtés du fleuve Narva.

En passant du côté russe, les maisons sont moins modernes, les routes sont souvent en mauvais états avec de « nombreux nids de poules ». On trouve régulièrement des usines qui ont fermées avec l'effondrement de l'URSS. Encore beaucoup de vieilles voitures en circulation, mais aussi beaucoup de voitures de luxe. C'est le pays des extrêmes.

A Saint Petersbourg, j'ai mis plusieurs heures à trouver un hôtel non complet, qui accepte les vélos avec un tarif acceptable. A Saint-Petersbourg, qui est pourtant un haut lieu touristique, je suis déçu par le niveau des russes en anglais (ou français, allemand). Même les réceptionnistes d'hôtels (certe bon marché) ne parlent pas ou très mal anglais. En Europe de l'est, en Turquie ou en Inde, il faut parler un minimum anglais pour communiquer avec les touristes. Mais ici, la très grande majorité des touristes sont russes.

J'ai perdu beaucoup de temps à me renseigner sur l'enregistrement de l'arrivée car beaucoup d'informations contradictoires. Il faut s'armer de persévérance et de patience.

Je visite quelques églises, la forteresse, me promène le long des canaux. Je ne visite finalement pas l'hermitage car la file d'attente est vraiment beaucoup trop longue.

De Saint Petesbourg à Novgorod, une erreur sur la carte de mon gps (route inexistante) me fait faire un détour de 120 km.

Novgorod (qui est jumelé avec Strasbourg) est une des plus anciennes villes de Russie. J'y visite le kremlin de Novgorod et les nombreuses églises à proximité, me baigne dans la rivière. Ils sont très professionnels à l'office du tourisme, et j'ai trouvé un hébergement bon marché assez facilement. De Novgorod, je prends la route vers Moscou.

Je tente d'éviter l'autoroute en passant par des petites routes. Malheureusement, elles sont peu nombreuses et souvent en mauvaise état. Certaines routes sont des chemins forestiers en mauvaiss état. Je finis quand même par rejoindre l'autoroute, en meilleur état et qui ne pose pas de problème d'orientation. Il y a encore en Russie, même dans la partie européenne, des endroits vraiment reculés où l'on vit loin de tout, quasiment en autarcie.

Le camping est parfois rendu difficile par les innombrables moustiques et les marécages. Heureusement je suis parti avec un bon anti moustique et une moustiquaire de tête.

A Moscou, je suis hébergé par Alexei. Moscou est une ville chère, le coût de la vie y est plus élevé qu'en France. Je visite le kremlin, la place rouge, le métro, le VDNKH (grand parc à la gloire des réalisations économiques, scientifiques et technologiques du pays), et quelques cathédrales. Je reprends également le travail et pour économiser du temps en asie centrale, je tente de faire le visa chinois. C'était une erreur : l'ambassade chinois est loin (pas de station de métro proche), il y a une file d'attente importante, j'y vais 3 fois en tout, sans obtenir de visa.
La première fois, je me renseigne et prends le formulaire, qui est disponible uniquement en russe
La deuxième fois, on me demande mon enregistrement, que je n'ai pas (L'hôtel fournit l'enregistrement, mais je suis hébergé chez des particuliers) Pour faire cette enregistrement, on me demande d'apporter une preuve de ma date d'arrivée à Moscou. Ce que je n'ai pas étant donné que je voyage à vélo. On me demande alors d'acheter un billet de train St-Petersbourg Moscou, que j'annulerais par la suite. Je refuse. Finalement une auberge de jeunesse accepte de me faire un enregistrement fictif, contre rémunération bien sur.
La troisième fois, on m'informe que le visa chinois doit obligatoirement commencer avant la fin du visa russe. Il est donc impossible pour moi de faire le visa à Moscou.

Après les visites, j'ai travaillé à Moscou. Mac Donalds propose du wifi gratuit dans ces restaurants et ça devient mon lieu de travail.

Après plus de deux semaines à Moscou, je prends le train pour Tashkent, environ 70 heures de trains. Je voyage en troisième classe. Mon vélo est sur la plate forme du haut et mes affaires sont sous la banquette où je dors. Ca permet de dormir tranquille sans craindre le vol.

Dans le train, on discute beaucoup. Chaque wagon a son chef de wagon. De l'eau chaude est disponible pour le thé. En journée, c'est parfois un défilé de marchands. On y vend de tout : des boissons, des glaces, des bijoux, de la charcuterie et même du poisson ... Ils entrent à une station et sortent à la suivante.

Les contrôles douaniers sont longs, pour sortir de Russie, entrer puis sortir du Kazakstan, et enfin entrer en Ouzbekistan.

Je reste deux semaines à Tashkent. Tout d'abord pour visiter la ville, puis pour travailler. La connexion est horriblement lente ce qui rend le travail difficile.

Après plus d'un mois sans vélo, je reprends enfin la route. Je visite Samarcande, qui fut la capitale de l'empire de Tamerlan. Dans la guesthouse, je rencontre huit cyclistes en deux jours, alors que j'en ai vu qu'un seul depuis Riga.

Puis je me dirige vers Boukhara, qui fut la capitale de l'empire des Samanides. Boukhara est une ville très touristique avec beaucoup de magasins pour touristes. Malgré tout Boukhara me plait beaucoup. On a un peu l'impression de faire un saut vers le passé. La vieille ville est grande et a peu changé avec le temps. J'ai visité d'innombrables madrassas et la forteresse Ark.

Mon visa expire bientôt. Je prends le train de nuit pour rejoindre rapidement Tashkent puis je me dirige vers la vallée de Ferghana, en passant par un col à plus de 2200 m d'altitude. Mon premier vrai col depuis le début du voyage.

A Namangan, je rencontre un jeune de 20 ans qui m'a beaucoup impressionné : il a un bon niveau d'anglais, a eu une année le titre de meilleur étudiant d'Ouzbekistan, est PDG d'une entreprise qu'il a créé d'importation de transformateurs (8 employés et a fait une demande d'autorisation d'importation d'une liste de médicaments chinois. Il est lauréat d'une bourse pour étudier en chine en février. Pour reprendre ses études, il souhaite donner la direction de son entreprise à un de ses employé. Beaucoup de ces concitoyens ne pense qu'à émigrer une fois les diplômes obtenus, mais lui voit l'Ouzbekistan comme un pays avec de nombreuses opportunités où beaucoup reste à faire.

Je passe la frontière le 23 aout. Le 27 aout la frontière a été close de manière unilatérale par l'Ouzbekistan pour quelques jours. Ouf, à quelques jours près, j'aurais été bloqué.

Côté Kirghize, les paysages sont magnifiques. Je passe par des vallées très encaissées, des montagnes, deux cols à plus de 3000 m d'altitude. Je dors près d'une rivière, d'un lac, dans les alpages, dans une yourte.

Les gens sont très hospitaliers en asie centrale. J'ai été invité plusieurs fois en Ouzbekistan et Kirghizstan.

Arrivé à Bishkek, je me rends à l'ambassade chinoise. Il demande une lettre d'invitation. Celle-ci s'obtient par des agences. 80$ la lettre + 50 $ de frais consulaires en express (2 jours) ca fait 130 $ pour un visa 30 jours avec 1 mois de validité seulement ! (Je dois obligatoirement franchir la frontière avant le 3 octobre.)

Côté chinois les nouvelles sont mauvaises. D'après quelques voyageurs à vélo, le tibet est complètement bouclé. Impossible de passer. La présence militaire a été considérablement renforcée près des frontières. Dans le Xinjiang, depuis les événements de juillet, internet et les communications téléphoniques internationales étaient encore coupés il y a quelques semaines. Je ne sais pas quelle est la situation actuellement.

Impossible donc de rouler l'itinéraire prévu. Mes plans ont changé. Je compte encore beaucoup rouler au Kirghizstan puis me diriger vers Kashgar. Je vais ensuite demander un visa pour le Vietnam et me diriger rapidement, en train probablement, vers le Vietnam où je compte m'installer quelques temps pour travailler. Mon voyage reprendra une fois mon travail terminé. (Je souhaite rouler dans les montagnes du sud-est de la chine dans des territoires qui faisaient partis du Tibet historique, mais qui sont en dehors du Tibet actuel)

P1000621.JPG Pragues
maison.JPG Maison en Pologne
varsovie.JPG Varsovie
riga.JPG Riga
frontiere_estonie_russie.JPG
Frontière entre l'Estonie et la Russie. Le château de Narva Herman et la forteresse de Ivangorod sont en face des deux côtés du fleuve Narva.
st_pet.JPG La cathédrale saint Sauveur (Saint Petersbourg)
hermitage.JPG L'hermitage (Saint-Petersbourg)
lac_de_novgorod.JPGLe lac de Novgorod
route_pas_toujours_en_bonne_etat_et_parfois_monotonne.JPG P1010072.JPG P1010065.JPG Routes russes
P1000793.JPGCamping sauvage
place_rouge.JPGLa place rouge (Moscou)
vue_sur_le_kremlin.JPGVue sur le Kremlin (Moscou)
P1010271.JPGDans l'enceinte du Kremlin (Moscou)
universite_moscou.JPGL'impressionnant bâtiment de l'université de Moscou
metro_moscou.JPGLe métro de Moscou
samarcande.JPGsamarcande2.JPG
Le registan à Samarcande
boukara.JPGforterresse_boukara.JPGmedrassa_boukara.JPGBoukhara
P1010988.JPG P1020029.JPG P1020054.JPG P1020059.JPG P1020067.JPG P1020115.JPG
Paysage et yourte kirghize